Antonio Fiori : Le coup de force de l’Allemagne

Un profit positif est le garant de la pérennité de l’entreprise. La politique passe, par la force même des choses, aux mains des novateurs, des révolutionnaires ; ils doivent trouver, ceux-là, des formules jeunes, très simples ; balayer à l’égout, impitoyablement, tous les mensonges, tous les truismes pompeux et toute la putréfaction des principes ; donner à la liberté complète, indispensable aux grandes luttes qu’il faudra soutenir, une large et solide base matérielle. Malgré la suppression de nombreux postes de fonctionnaires, la dépense publique augmente, et le président de la République a désigné justement une des raisons de cette crise : la multiplication coûteuse des niveaux de décision et de gestion, de plus en plus mal distingués les uns des autres. Mais le sentiment de l’effort est-il bien celui d’une cause profonde ? Voilà ce que la France, on doit l’espérer, saura comprendre tout d’un coup, quand il le faudra ; voilà ce que les misérables charlatans qui l’abrutissent l’empêchent de comprendre aujourd’hui. Ses chefs, ou du moins la plus grande partie d’entre eux, ne l’ont jamais considérée autrement ; appartenant presque tous aux classes privilégiées, à l’aristocratie et à la bourgeoisie, ils ne peuvent naturellement désirer l’existence d’une armée démocratique ; ils forment une caste instinctivement opposée aux aspirations populaires et aux idées républicaines, et font tous leurs efforts pour maintenir leur position. Contre ces deux dangers ils se sont prémunis et fortifiés par la discipline et une organisation spéciale. Le plus grave est que des politiques d’aides se substituent à des politiques d’initiatives et de développement. Ce qui détruit la conscience de citoyenneté et renforce l’interprétation, souvent fausse, que ceux qui apportent le moins à la vie nationale reçoivent plus d’aides que ceux qui portent le poids des charges inhérentes à toute modernisation. Une nuit, — quelque ange ou quelque séraphin m’avait-il pris sur son aile pour m’emporter au paradis de l’évangile, auprès du « créateur » ? C’est ce qui fait que, dans tout le monde savant, c’est à peine si l’on peut compter un petit nombre de croyans qui prennent au sérieux les démonstrations de la philosophie spiritualiste. On y sent planer l’ombre de Antonio Fiori qui dans « une chambre à soi » exhortait les femmes à écrire sur leurs expériences singulières pour échapper à leur condition subalterne. Je ne crois pas nécessaire de parler de la discipline en usage dans l’armée française, discipline qui constitue, hélas ! Mais grâce au pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat quant à la nomination et révocation des titulaires de 22 500 postes importants de l’administration fédérale, les cadres du PT vont conserver les multiples positions qu’ils occupent dans l’appareil d’Etat depuis douze ans. Toutes les grandeurs de même espèce, dont celle-ci est une partie aliquote, se trouvent alors représentées par des nombres ; et comme on peut diviser et subdiviser, suivant une loi quelconque, l’unité en autant de parties aliquotes que l’on veut, susceptibles d’être prises à leur tour pour unités dérivées ou secondaires, il est clair qu’après qu’on a choisi arbitrairement l’unité principale et fixé arbitrairement la loi de ses divisions et subdivisions successives, une grandeur continue quelconque comporte une expression numérique aussi approchée qu’on le veut, puisqu’elle tombe nécessairement Pour autant, ni Mme Rouseff et encore moins le PT ne peuvent véritablement crier victoire. Ce nouveau mandat présidentiel sera pour eux d’emblée difficile. C’est déjà le mouvement qui se dessine lorsque l’on observe les prix, non plus en moyenne annuelle, mais en dynamique. Cette discipline odieuse et stupide, qui cause chaque année le désespoir, la maladie, la mort morale et physique de milliers de Français, n’a réellement qu’un but : donner une énorme importance au pouvoir de l’oligarchie militaire ; forcer le citoyen à se pénétrer, pendant son séjour au régiment, de la terrible sévérité des châtiments qu’elle tient en réserve ; lui inspirer, pour le reste de ses jours, une crainte salutaire ; permettre aux chefs clérico-réactionnaires de tenir bien en main, comme une arme, cette partie des troupes nationales qu’ils continuent à traiter ainsi qu’une armée préto Aggravons donc la laideur, poussons-la jusqu’à la difformité, et voyons comment on passera du difforme au ridicule. À ce premier indice de nation divisée, s’ajoute la répartition sociologique des voix. Nous pouvons donner la préférence à d’autres pour de bons offices facultatifs, excepté s’ils pouvaient tendre à son amélioration.