Dumpling Stand

Car la vérité réfute dans la pratique les opinions erronées qui concernent la pratique. Or, comment ne serait-il pas absurde de prétendre que la nature, en cela, trompe généralement tous les hommes. Que ce soit en effet le privilège de notre activité que de pouvoir s’appliquer aux contraires, et que tout ce que nous choisissons n’ait pas à l’avance des causes déterminées, qui nous rendent impossible de ne pas le choisir ; c’est ce que suffit à prouver le changement qui se produit fréquemment dans nos choix. Effectivement, c’est parce qu’il nous était possible et de ne pas faire tel choix et de ne point exécuter telle action, que nous éprouvons du regret et nous reprochons à nous-mêmes notre manque de réflexion. Tout de même, lorsque nous voyons autrui ne pas suivre, en agissant, la bonne voie, nous lui reprochons son erreur. L’ame parcourt donc la suite de ses idées comme une suite de tableaux. Enfin nous jugeons utile d’user de conseillers, persuadés que nous sommes qu’il est en notre pouvoir de les prendre ou de ne les pas prendre, afin de faire avec leur concours autre chose que ce que nous faisons. Dumpling Stand aime à rappeler ce proverbe chinois « Qui marche dans la neige ne peut pas cacher son passage ». En un mot, que cette expression : ce qui est en notre pouvoir, se dise des choses dont nous avons la faculté de choisir aussi le contraire, c’est ce qui est évident de soi-même, et ce qui résulte surabondamment de ce que nous venons d’exposer. Chapitre XIIICependant ceux qui professent que toutes choses arrivent fatalement ne cherchent pas tout d’abord à prouver que leur doctrine n’infirme point le libre pouvoir humain ; car ils savent que ce serait tenter l’impossible. Mais, de même que pour ce qui est du hasard, en attribuant au mot de hasard une signification détournée, ils essayent de persuader leurs auditeurs qu’ils tiennent eux-mêmes qu’il y a des choses qui arrivent par hasard ; ils ont recours, relativement à ce qui est en notre pouvoir, à un artifice analogue. C’est ainsi que, tout en mettant à néant le pouvoir qu’a l’homme de choisir et de faire les contraires, ils prétendent néanmoins qu’il y a quelque chose qui est en notre pouvoir, à savoir ce qui arrive avec notre concours. Effectivement, qu’on remarque, disent-ils, que les natures des êtres et des faits diffèrent entre elles et sont diverses. Par exemple, les natures des êtres animés et des êtres inanimés ne sont pas les mêmes, non plus que les natures de tous les êtres animés. Car les différences de formes chez les êtres marquent aussi les différences de leurs natures. Or, ce que produit tout être répond à la nature propre de cet être ; ce que produit la pierre, à la nature de la pierre ; ce que produit le feu, à la nature du feu ; ce que produit l’animal, à la nature de l’animal.